Accompagner mon enfant

Il manque de confiance en lui

Libérez le potentiel de l’enfant, et vous transformerez le monde avec lui

Maria Montessori

Tout d’abord, il y a un mythe en matière de confiance en soi qu’il faut absolument détruire; celui qui nous laisse croire qu‘il n’existe que deux catégories de personnes:

  • celles qui ont confiance en elles
  • celles qui n’ont pas confiance en elles

En résumé, les vainqueurs, et les loosers.

La bonne nouvelle, c’est que l’on ne naît pas timide, tout comme on ne naît pas confiant. Tout cela s’apprend, s’acquiert et se développe, au travers d’expériences que l’on répète encore et encore tout au long de notre vie.

De plus, il est important de souligner que la confiance est situationnelle. Autrement dit, personne n’est en confiance à 100% dans toutes les situations de sa vie. Une personne peut se sentir confiante au travail, et mal à l’aise avec ses amis, ou vice-versa.

Evidemment, plus la confiance et l’estime de soi se développent tôt durant l’enfance, plus une personne aura d’outils pour grandir et évoluer sereinement tout au long de sa vie. Mais il n’est jamais trop tard, il n’y a pas d’âge pour cela.

Les facteurs destructeurs de confiance durant l’enfance

Le harcèlement

Un enfant harcelé à l’école est un enfant qui se définira sans valeurs, bête, nul, inutile… Le harcèlement est le pire destructeur d’estime et de confiance pour un enfant (et pour un adulte aussi, d’ailleurs).

Il mène à la phobie scolaire, à la dépression, voire même au suicide.

Si vous avez le moindre doute ou que votre enfant vous livre un signal d’alerte, aussi insignifiant qu’il puisse paraître à vos yeux d’adulte, montrez-lui que vous le prenez au serieux et que personne n’a le droit de lui faire du mal en appelant les enseignants, la direction, le Président de la Confédération s’il le faut (j’exagère à peine).

Lorsque le parent manque de confiance

Votre enfant agit, entre autres, par mimétisme. Il copiera vos qualités, mais également vos défauts ainsi que vos faiblesses. Si vous manquez de confiance en vous, prouvez-lui que vous pouvez aussi changer (à l’aide de thérapies brèves, de lectures, … il existe beaucoup d’exercices simples et efficaces pour vous aider), cela le motivera. Si papa ou maman ont réussi, c’est que je peux aussi le faire !

La critique négative

Le mot « critique », en lui même, a déjà une connotation négative. Parfois, en voulant améliorer le comportement de son enfant, on dit des choses qui, sans le vouloir, accentuent ledit comportement au lieu de le modifier.

« Tu pourrais faire mieux », « comme d’habitude, tu laisses tout traîner », …

Les comparaisons

« À ton âge, ton frère savait déjà additionner », « Regarde ta soeur, elle est plus petite que toi et elle n’en fait pas toute une histoire! », …

Ces phrases culpabilisent l’enfant, ce qui a pour conséquence d’abaisser encore l’estime et la confiance qu’il a en lui.

Que cache un manque d’estime ou de confiance ?

Souvent, la peur de l’échec ou de décevoir les autres, la peur d’être rejeté, se cache derrière un manque de confiance.

Il préfère ne pas se rendre à un examen plutôt que d’échouer ? Elle abandonne avant même d’avoir commencé ? Posez-vous la question, est-ce que mes attentes envers lui sont trop élevées ?

On espère tous que nos enfants réussissent à l’école, soient polis avec les autres, courageux, etc. Une pression permanente pour nos têtes blondes (et brunes, rousses, noires, …), qui pèse très lourd sur leurs épaules.

Montrez-lui que vous avez des attentes, mais qu’il a le droit de se tromper, de ne pas être parfait, et que votre amour et votre admiration pour lui n’a aucun prix et aucune condition. Valorisez-le dans ses réussites et rassurez-le dans ses échecs.

À l’inverse, le mettre sur un piédestal continuellement et lui vouer une admiration sans bornes risque également de l’angoisser. Atteindre continuellement le sommet et devoir être toujours le meilleur est une quête impossible et décourageante.

Alors, quel comportement adopter ?

L’adage dit que « l’important, c’est de participer ». En soi, c’est joli, mais c’est une philosophie qui relève, selon moi, de l’utopie. Personne n’aime perdre, échouer, se tromper, être le dernier.

L’important, c’est d’avoir essayé, puis de comprendre ce qui n’a pas fonctionné, d’améliorer ce qui peut l’être, et d’essayer encore. Et de savoir que même en cas d’échec, votre amour pour lui reste intact, que vous admirez son courage, sa détermination, son envie de savoir, d’apprendre, etc.

Cela me fait penser à une anecdote que j’ai vécue lorsque ma fille était petite et qui m’a beaucoup appris.

Alors que nous étions au parc, elle s’obstinait à vouloir monter au toboggan par la rampe (classique, me direz-vous…). Et moi je m’obstinais à lui dire, « arrête, tu vas tomber », jusqu’au moment où, évidemment, elle est tombée.

« Et voilà, je te l’avais bien dit ! ».

Nous allons nous asseoir, ma fille en pleine crise de larmes, et un autre enfant commence à s’essayer au même exercice. Il glisse à plusieurs reprises, et finit par tomber, lui aussi.

Je regarde la maman, presque incrédule qu’elle lui ait laissé exécuter l’exercice après la démonstration catastrophique de ma fille, quand je l’entends dire…

« C’est bien, tu as essayé, recommence ».

J’ai eu la sensation de chuter moi-même du haut du toboggan, tant ce qu’elle venait de dire résonnait en moi comme une évidence.

Deux exercices simples et efficaces pour augmenter la confiance et l’estime de son enfant.

Le journal des réussites

Très simple à fabriquer, le journal des réussites a plusieurs avantages:

  • il vous permet d’y inscrire les petits progrès de votre enfant. Ainsi, il pourra constater que vous remarquez ses efforts et ses réussites.
  • il permet à votre enfant de prendre conscience de ce qu’il sait faire, plutôt que de se concentrer sur ce qu’il ne parvient pas à faire.

Il y a plusieurs façons de faire, qui peuvent évidemment être adaptées à chaque situation ou envie.

Par exemple, tous les soirs, prenez un moment avec votre enfant pour qu’il se remémore sa journée. Qu’a-t-il fait qui l’a rendu joyeux ? Fier ? Content ? Il choisit 3 choses que vous pouvez noter dans son journal, ou dessiner, ou raconter, …

Vous pouvez également noter chacun des progrès de votre enfant, petit ou grand, avec un mot d’encouragement. Souvent, quelques temps plus tard, ils ont plaisir à relire tout cela et ils se rendent compte qu’ils sont capables de faire plein de choses.

Adaptez ce petit concept à ce qui vous correspond le mieux, le but étant de remplir le réservoir de confiance et d’estime de votre enfant de tout un tas de petites réussites.

La pierre de confiance

Demandez à votre enfant d’imaginer la plus jolie et la plus belle pierre qu’il puisse imaginer. Suggérez lui qu’elle peut être grosse, minuscule, pointue, carrée, arrondie, … Elle peut être précieuse, ou ressembler à un caillou, peu importe, pourvu que votre enfant ait la conviction que c’est CETTE pierre-là, qu’elle est à lui.

Dès qu’il la voit, demandez-lui de la décrire. Sa couleur, sa forme, sa texture, est-elle chaude, froide, … Dites-lui que cette pierre lui appartient, et qu’elle est magique.

Invitez-le à la prendre dans l’une de ses mains. Si elle est trop grosse, suggérez l’idée qu’il peut la réduire juste assez pour qu’elle tienne dans sa main.

Demandez-lui de sentir la différence entre la main qui tient la pierre et celle qui ne la tient pas. De sentir comme elle lui apporte de la confiance. Vous pouvez lui demander ce que cela fait dans son corps, par exemple.

Suggérez-lui qu’elle peut même lui parler. Est-ce qu’il l’entend? « Je me demande ce qu’elle a à te dire, ou si elle change de couleur, si elle devient chaude… Est-ce qu’elle vibre quand elle t’apporte la confiance dont tu as besoin ?

Laissez votre enfant ressentir, s’exprimer, vivre ce moment de tranquillité et de confiance …

Lorsqu’il semble être arrivé au bout, félicitez-le.

C’est super ! Tu verras, le bien que cela va te faire d’avoir maintenant cette pierre magique dans ta vie. A chaque fois que tu auras envie ou besoin d’avoir plus confiance en toi, il te suffira de l’appeler, et dès qu’elle (vibrera, s’illuminera, fera ce bruit, … ), tu sentiras que la confiance arrive. Et plus tu feras appel à elle, plus la confiance en toi grandira. Il se peut même que d’ici quelques temps, tu n’aies plus besoin de faire appel à elle, car tu auras de plus en plus de confiance.

Je vous souhaite de partager des moments magiques avec vos enfants au travers de ces exercices qui, bien qu’ils paraissent illusoires aux yeux des adultes, permettent aux enfants de trouver facilement et rapidement des ressources à l’intérieur d’eux-mêmes.

Je réponds avec plaisir à vos questions ainsi qu’à vos commentaires.

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