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Tu dois le faire

ou comment amener son enfant à faire une tâche non négociable.

Avant toute chose, je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas de forcer un enfant à faire des choses pour notre propre plaisir ou notre propre confort. Je parle ici de choses non négociables, qui concernent l’hygiène, la sécurité ou les impératifs que l’on rencontre dans une journée.

Alfie Kohn, dans son livre intitulé « Aimer nos enfants inconditionnellement », propose quelques solutions simples mais néanmoins efficaces.

Proposer de manière à laisser le plus de liberté possible

Avant de faire votre demande à l’enfant, il est essentiel de se questionner :

  • Qu’est-ce que j’attends de lui ?
  • Quel temps suis-je prêt à lui laisser pour exécuter ma demande ?
  • Quel espace puis-je lui donner ?

Cette minute de réflexion peut vous faire gagner beaucoup de temps et vous éviter d’entrer dans un conflit ou une lutte de pouvoir.

Vous êtes maintenant prêt à formuler votre demande en y intégrant les solutions choisies lors de votre réflexion.

  • Dès que tu auras terminé ton dessin, tu penseras à ranger tes stylos.¨
  • Je vais mettre mes chaussures et je t’attends en bas, rejoins-moi quand tu auras mis ta veste.
  • De combien de temps as-tu besoin pour terminer ta lecture ?

Dire la vérité, même lorsqu’elle n’est pas agréable

Nous sommes, en tant qu’adultes, confrontés à certains impératifs que nous n’avons pas forcément envie de faire. Il en va de même pour les enfants.

Inventer toutes sortes d’histoires pour leur demander d’accéder à nos demandes n’arrangera rien. L’enfant, au contraire, se sentira non seulement contraint, mais en plus, incompris.

Assumer sa demande et l’expliquer clairement, dans un langage simple mais vrai, prouvera à l’enfant votre considération et votre respect vis-à-vis de lui.

Fournir des explications

Inutile d’entrer dans un discours sans fin.

Posez-vous la question :

  • Que peut-il ressentir en ce moment ?

Et à nouveau, intégrez dans votre explication la compréhension de son émotion.

  • Je vois que tu es en colère. Tu préférerais jouer encore…
  • Ce n’est pas facile pour toi de renoncer à ce jouet. Tu te sens peut-être frustré / en colère / triste /…

Théâtraliser

Cela peut paraître ridicule pour nous, adultes, mais les enfants sont très preneurs de ce genre de jeux.

Cela les apaise lors de situations stressantes ou énervantes, et cela peut désamorcer bien des conflits.

  • Il ne veut pas se laver les dents ? Qu’à cela ne tienne, faites parler sa brosse à dents !

Elle se sent si seule et si inutile, quand elle n’a pas de travail…. Elle s’ennuie à en mourir !

  • Elle refuse de se changer / de s’habiller / …

Prêt ? Partez…. Feu ! Si tu parviens à mettre tes chaussures avant que j’aie terminé cette chanson, je te promets de faire la plus drôle des grimaces que je connaisse ! C’est parti !

(Et chanter ! Sans attendre, de manière enjouée !)

  • Il ne veut pas manger ?

Faire les gros yeux, se transformer en terrible dinosaure qui n’attend que de voler ce fabuleux goûter !

L’avantage avec ce genre de jeu, c’est qu’il est déclinable à l’infini et pour toutes les situations de la vie quotidienne.

Être exemplaire

Il est évident que l’on ne peut demander à un enfant de faire des choses que nous ne faisons pas nous-même !

Proposer des choix

  • Tu préfères mettre la chaussure droite ou la chaussure gauche en premier ?
  • Tu aimerais que je coupe ta pomme ou tu préfères la manger ainsi ?
  • Quel pull veux-tu mettre pour aller à l’école ? Le rouge ou le bleu ?

Faire « une bulle » en public

Pensez toujours au fait que ce qui compte, ce n’est pas l’avis des gens qui vous entourent, mais bien la relation que vous construisez avec votre enfant et ce que vous lui offrez ; votre patience et  votre écoute.

Priorisons leurs besoins sans nous soucier de ce qu’en disent les gens autour de nous. C’est nous qui permettons à nos enfants de se construire sur des bases solides et bienveillantes.

Synchroniser son propre point de vue avec celui de l’enfant avant d’agir

Bien que certaines réactions puissent nous paraître disproportionnées ou même injustifiées, les émotions qui y sont liées sont bien présentes chez l’enfant. Elles doivent être quittancées pour qu’il se sente reconnu et soutenu.

  • Je ne me suis pas rendu compte que c’était si important pour toi… / Tu avais très envie de… / C’est difficile de… / etc…)
  • Prendre l’enfant dans ses bras, lui faire un sourire, une caresse, lui parler calmement…
  • Moi aussi, il m’arrive de… / Tu es important pour moi…

Ensuite, une fois que l’enfant se sent écouté et compris, on peut agir en lui proposant des pistes, des solutions, ou en recadrant ce qui n’a pas fonctionné.

Intégrer les enfants dans la recherche de solutions

Montrer à son enfant que ses besoins sont respectés et que ses idées comptent.

Plus les enfants se sentent intégrés dans l’élaboration des stratégies et des règles, plus ils seront prompts à les utiliser et à les respecter.

De plus, cela renforcera l’estime qu’ils ont d’eux-mêmes, et les confortera dans l’idée qu’ils sont capables de maîtriser leur vie.

Je vous souhaite beaucoup d’énergie, de patience et de courage sur ce chemin tortueux mais tellement enrichissant qu’est celui de la parentalité. Mais surtout, je vous souhaite beaucoup de rires, de respect, d’amour et de partage. <3

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